Yves GERBAL

Leurres
(à propos de quelques images de Marc Chostakoff)

“Malheur au tableau qui ne montre rien au-delà du fini !” (Delacroix Journal)

1)
Ce sont des photos banales. Et des images très étranges.
Ce sont des photos très ordinaires. Et des images renversantes.
Derrière le cliché, le piège. Sous l’horizon, l’abîme.

2)
Vertiges de la vision, fusions et confusions.
Cette ligne intouchable arrête le regard.
Mais tout commence là : au-delà de l’il, dans les spéculations abyssales.

3)
Cette illusoire ligne, le leurre horizontal,
Chute avec délices dans le grand vertical.

4)
Nous sommes embarqués, comme Ulysse le fut, dans un périlleux périple. Au bout de la mer, là-bas, est-ce le bout du monde ?
Au bout de la mer, c’est encore la mer. L’infini est un angle circulaire.

5)
Il n’y a pas d’image vraie. L’image est un mensonge métaphorique pour approcher des vérités métaphysiques.
Mais il n’y a pas de vérité. Seulement un horizon fini qui nous cache provisoirement l’infini. Pour nous happer ou nous libérer ?
Peu importe. Courons vers lui pour nous y perdre.
Insouciants comme des enfants.
Lucides comme des vieillards qui s’exclament : la vie, mon beau souci !

 

Yves GERBAL
écrivain

 

– catalogue de l’exposition Aix Invite Marseille, octobre 1997
– catalogue : 10 ans du fond communal de la ville de Marseille 1999